.

Le cuivre exempté de Zone de Non Traitement
News

Le cuivre exempté de Zone de Non Traitement

Conformément aux annonces ministérielles, l’application des pesticides cupriques ne sera pas soumise à des distances de sécurité entre les rangs de vigne et les habitations pour cette campagne de traitement.

Soupir de soulagement dans le vignoble français, bio comme conventionnel. Le gouvernement* vient, dans des instructions envoyées ce 3 février aux préfets, de dissiper la purée de pois qui pèse depuis le début d’année sur l’exclusion, ou non, des pesticides cupriques du nouveau dispositif de Zones de Non Traitement entre parcelles et voisinage (ZNT riverain). « Les produits dont l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) ne comporte pas de distance de sécurité et qui peuvent être utilisés sans les distances de sécurité prévues par l’arrêté du 27 décembre 2019 sont les produits de biocontrôle qui figurent sur la liste établie par le ministre chargé de l’agriculture, ainsi que les produits autorisés dans le cadre de l’agriculture biologique (produits listés dans le Guide des produits de protection des cultures utilisables en Agriculture Biologique) » annoncent les éléments de mise en œuvre consultés par Vitisphere.

Après des semaines de flou, « le ministère dit clairement que les produits bio sont exemptés de ZNT riverain. Sauf si l’AMM mentionne une distance de sécurité » résume Cécile Blanc, chargée de mission viticulture pour la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique. « Cette exemption concerne notamment l'utilisation du cuivre. Mais il est à noter qu'un produit à base d'hydroxyde de cuivre comporte cependant la phrase de risque H 331 [toxique par inhalation] qui entraîne une ZNT incompressible de 20 mètres » ajoute la technicienne, qui souligne l’avancée positive de ce texte.

"Instruction rassurante"

« Cette instruction est rassurante et éclaire de nombreux points. Sur le cas spécifique du cuivre, et plus largement des produits homologués AB, il reste essentiel de voir leur sort réglé dans un texte ayant une portée juridique plus importante et inamovible que des instructions » pondère Alexandre Imbert, le directeur de l’Union Générale des Viticulteurs pour l’appellation Cognac (l’UGVC, qui préconise, par précaution, une lecture restrictive du dispositif ZNT).

Au sein de FranceVinBio, « nous avons bon espoir que le Ministère continue sur sa lancée, et s’engage encore plus en avant sur la question, en répondant également positivement à nos demandes concernant le lissage, toujours incertain » confirme Gwénaëlle le Guillou, la directrice du syndicat des vignerons bio de Nouvelle-Aquitaine. Qui reste cependant satisfaite de voir se lever le flou sur le cuivre : « enfin ! Ce texte offre une perspective claire et confirme le chemin de la viticulture bio pour les changements de pratiques, dans un meilleur respect de l’environnement et des personnes. »

"Insécurité juridique"

Attendu par les vignerons bio et conventionnels, cet éclaircissement ne lève cependant par toutes les interrogations sur la mise en pratique des ZNT cette campagne de traitement. Dénonçant un contexte « d’incertitudes sur les modalités et d’insécurité juridique pour les agriculteurs », la Confédération Générale de l’Agriculture du Vaucluse demande un moratoire le temps de préciser « la liste des produits avec des distances de 20 mètres incompressibles [notamment les perturbateurs endocriniens], la liste des matériels avec les niveaux de réduction de la dérive à 90 % [seuls ceux à 60 % l’étant actuellement] et l’évolution des mesures concernant les zones accueillant des groupes de personnes vulnérables ».

* : Les "questions/réponses" concernées sont envoyées par les ministères de la Transition Ecologique et Solidaire, de la Santé, de l’Agriculture et de l’Economie.

crédit photo : gaviwineland

Commentaires

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour poster des commentaires

Recent Articles

Popular Articles

0